Publié le 28 janv. 2021 à 10:49Mis à jour le 28 janv. 2021 à 15:49

«Nous adapter ou mourir, on n'a pas le choix. » C'est ainsi que Daniel Abittan, le président de Châteauform ', leader du séminaire résidentiel haut de gamme, résume la situation de sa société qui aurait dû fêter ses 25 ans cette année, avec un objectif de 285 millions d'euros de chiffre d 'affaires au compteur. Mais la pandémie de Covid-19 est passée par là, et a réduit drastiquement les ambitions. De fait, l'activité s'est réduite à 80 millions en 2020, contre 234 millions un an plus tôt. «De 20.000 séminaires, nous sommes tombés à 7.000», continue le dirigeant.

Châteauform 'a bâti sa réputation sur 70 sites patrimoniaux d'exception, dont 40 en France et le reste en Europe, sur la qualité de sa restauration et sur une équipe de 1.700 collaborateurs aux petits soins.

Châteauform 'au château de Nointel, en Ile-de-France.Fabien BARRAU

S'adapter a accepté de revoir totalement la copie: ouverture de trois studios audiovisuels fixes (dont un avec auditorium) et un quatrième mobile; création d'un «learning lab» à La Défense; organisation d'événements hybrides (physique / virtuel) et de formations à distance; lancement de services pour aider les entreprises à maintenir le lien avec leurs collaborateurs ou à monter des séminaires chez elles.

«Jusqu'ici, nous nous adressons beaucoup aux multinationales et nous avions 35% de clients étrangers. Maintenant, nous allons viser également les PME et les ETI car l'appétence pour les circuits courts va s'appliquer aussi aux séminaires », indique Daniel Abittan.

L'un des studios TV ouvert par Châteauform 'aux Docks de Paris.

L'un des studios TV ouvert par Châteauform 'aux Docks de Paris.Chateauform

Avec le télétravail, les bureaux permanents vont se réduire, et Châteauform 'va donc proposer un abonnement «Travaillez de partout». Pour son président, «Le bureau de demain sera une destination, on s'y rendra moins souvent mais pour vivre une expérience, socialiser, célébrer, réfléchir ensemble».

Université d'entreprise

L'expertise de Châteauform 'en matière d'hospitalité sera mise à disposition de ses clients dans le réaménagement et la décoration de leurs espaces, la conciergerie, l'animation de réunions, les pauses gourmandes… Le premier centre de séminaire Châteauform' Home a ouvert aux Dunes, technopole de la Société Générale à Fontenay-sous-Bois, en novembre 2016.

La première université d'entreprise gérée par Châteauform 'ouvrira, quant à elle, en 2022 à Val d'Europe: il s'agit du futur complexe dédié à la formation de Deloitte. Le lieu résidentiel comptera 250 chambres et pourra accueillir jusqu'à 500 professionnels en journée.

«C'est un axe de développement très fort qui représente déjà 15 millions d'euros de chiffre d'affaires», commente Daniel Abittan.

Le site de Schloss Velen, en Allemagne.

Le site de Schloss Velen, en Allemagne.Fabien BARRAU

Pas question pour autant de revendre le moindre des sites traditionnels ni de licencier du personnel. «Nos lieux, nos talents, font notre ADN. Il faut trois à cinq ans et 20 millions de travaux pour transformer une propriété en un Châteauform 'd'exception, alors ce serait compliqué de reconstituer une telle offre le moment venu », souligne le dirigeant qui a préféré demander un PGE de 45 millions d'euros et utiliser au chômage partiel.

Daniel Abittan ne doute pas qu'après la crise sanitaire, une fois que tout le monde sera vacciné, «Jamais le présentiel ne sera autant apprécié». Il estime qu'il représentera 80% des événements contre 20% en virtuel.

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