Salesforce est pressenti pour acquérir Slack. Quelle pourrait être la logique d'un tel rapprochement?

Envolée boursière remarquable pour Slack ce mercredi 25 novembre. À la clôture, son action dépassait les 40 dollars. Un niveauelle n'avait pas été plus atteint depuis la première semaine de cotation, fin juin 2019.

La raison de cette embellie? Une acquisition possible par Salesforce. Le pionnier du CRM en serait à un stade avancé de négociation. L’officialisation d’un accord mardi 1euh décembre, parallèlement à l’annonce de ses résultats trimestriels, n’est pas à exclure. Il est question d'un deal en cash. Pour ce qui est du montant, on prend en référence la capitalisation de Slack avant qu'émergent les rhums: environ 17 milliards de dollars.

Pourquoi l’entreprise que dirige Stewart Butterfield s’adosserait-elle à celle que préside Marc Benioff? D’abord, parce qu’elle n’est toujours pas rentable. Malgré une tendance positive, le résultat net reste dans le rouge (perte de 73 millions de dollars au 2e trimestre). D’autres indicateurs financiers apparaissent comme peu favorables, à l’image du ralentissement de la croissance des facturations.

D’autres fournisseurs d’outils collaboratifs ont mieux tiré leur épingle de la crise sanitaire. Parmi eux, Microsoft, dont l’application Teams fait figure de principal rival de Slack. À tel point que ce dernier a récemment saisi l’Union européenne d’une plainte pour un concours déloyale à travers Office 365.

Slack, moteur de Salesforce Anywhere?

En ajoutant la gamme Dynamics, Microsoft se pose en «ennemi commun» pour Salesforce et Slack. Autre duo à suivre: Adobe et Workfront. Le premier vient d’annoncer son intention d’acquérir le second. Objectif: renforcer la collaboration sur sa suite Experience Cloud.

L’initiative Salesforce Anywhere a le même objectif. Inscrite dans la continuité de la messagerie Chatter, elle apporte chat, notifications, commentaires et vidéoconférence dans le CRM. Actuellement en phase bêta sur bureau (Lightning) et mobile (iOS), elle reste limitée au périmètre de l’organisation utilisatrice.

L’ajout de Slack passe de dépasser cette frontière, en exploitant les «canaux partagés». La mise en place de ces espaces de discussion interentreprises avait démarré l’an dernier. Ils sont aujourd’hui intégrés à tous les forfaits payants, sous la marque Slack Connect. La route comprend notamment une extension aux utilisateurs individuels, à travers des liens d’invitation privés.

Autre élément susceptible d’intéresser Salesforce: le partenariat de Slack avec AWS. Plus particulièrement sur le service d’intégration d’Amazon AppFlow. Lequel ouvre la voie à la gestion de transactions via les canaux partagés.
Salesforce lui-même a décidé de s’appuyer sur AWS pour doter son CRM d’une autre fonctionnalité collaborative: la visio. La démarche reposera sur Amazon Chime.

Au montant sus-évoqué, Salesforce signerait une acquisition sans précédent. La plus grosse somme il a déboursée avoisine les 16 milliards de dollars. C’était l’an dernier, pour s’offrir Tableau (dataviz). En 2018, il avait mis 6,5 milliards sur la table pour absorber MuleSoft (intégration de données).
Ces deux rachats sont à la base de l’axe «Data» de Salesforce Anywhere. À leurs côtés, la «boîte à outils post-Covid» Work.com.

Sur rappellera que Salesforce fut pressenti, par le passé, pour mettre la main sur Twitter. Il avait aussi jeté son dévolu sur LinkedIn, finalement passé dans le giron de Microsoft.

Logos © Salesforce et Slack

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