Salesforce, cette recrue du Dow Jones qui symbolise la «tech» gagnante de la crise sanitaire, Actualité des sociétés


C’est un exemple de la «tech» gagnante, celle qui a été révélée par la crise du Covid-19, la révélatrice des changements profonds de comportement déclenchés par la crise sanitaire, les mesures de confinement et le recours au télétravail. L’éditeur de logiciels de suivi clients (CRM) en mode cloud aux entreprises Salesforce, déjà au plus haut historique, s’envole de près de 18% en ouverture à New York, en réaction à la publication de comptes trimestriels explosifs. Double récompense pour le titre, qui vient tout juste d’être choisi pour remplacer le pétrolier Exxon Mobil au sein de l’indice Dow Jones le 31 août prochain.

Au deuxième trimestre, le bénéfice par action s'est envolé à 1,44 dollar, bien au-delà des 67 cents prévus par le consensus des analystes, à partir d'un chiffre d'affaires de 5,15 milliards, en hausse de 29% et lui aussi au-dessus de l'anticipation de 4,9 milliards du marché. Hors plus-valeurs exceptionnelles, le profit unitaire ne ressort qu'à 86 cents, mais il reste supérieur aux prévisions, loin de remettre en cause les excellentes performances opérationnelles de la société basée à San Francisco. Pour l’ensemble de l’année, la prévision de chiffre d’affaires est d’ailleurs relevée à plus de 20 milliards de dollars. Quant au trimestre en cours, les facturations sont attendues à 5,25 milliards de dollars, certes en progression plus modérée sur une base séquentielle, mais là aussi au-delà des attentes du consensus Bloomberg, qui visait 5 milliards.

La relation client, nerf de la guerre

Face à la pandémie et à une économie quasiment à l'arrêt, de nombreuses entreprises s'efforcent de renforcer leur technologie, en particulier les solutions critiques liées à la gestion de la relation client, nerf de la guerre en période de crise et au cœur du métier de Salesforce, numéro un mondial du domaine. Il compte à ce titre plus de 100.000 entreprises clientes, comme par exemple en France Pernod Ricard, Renault, Suez…

L'année dernière, le groupe a réalisé la plus grosse acquisition de son histoire en rachetant Tableau Software, éditeur de logiciels basés en Californie, pour une valorisation de plus de 15 milliards de dollars, avec pour objectif de se renforcer dans l'analyse et la visualisation de données, en concurrence notamment du mondialement connu Excel de Microsoft. L’activité phare de la société reste concentrée au sein du pôle Sales Cloud, avec une application dédiée à la productivité des forces de vente accessible à travers une simple connexion par mobile ou ordinateur. Elle permet de consulter en direct le profil de clients ou de prospects, de gérer les campagnes marketing et de rassembler toutes les informations essentielles pour optimiser la force de vente.

Et pourtant, il y a quelques semaines encore, ce n'était pas gagné. Au mois de mai, ce géant de la «tech» avait été contraint d’abaisser ses prévisions à la suite de la décision de plusieurs de ses clients de suspendre leurs nouveaux investissements. La réponse de Salesforce a été rapide et pertinente. Les équipes ont immédiatement mis au point les produits work.com et Salesforce Anywhere pour, respectivement, aider les clients à ouvrir leurs bureaux et à travailler à distance avec des connexions sécurisées.

Le cap des 200 milliards de franchi en Bourse

« Les entreprises ont réalisé qu’elles ne peuvent pas différer la mise à niveau des technologies qu’elles utilisent, a expliqué le directeur de l’optimisation des ventes Gavin Patterson lors d’une conférence téléphonique. Des décisions qui, en temps normal, l'air pris des semaines ou des mois. »Parmi les derniers clients recrutés notamment l’équipementier sportif, principalement connu aux Etats-Unis, Under Armour et le spécialiste des systèmes hifi sans fil Sonos.

En Bourse, le titre s'affiche en hausse sur toutes les périodes: + 14% sur un mois, + 32% depuis le début de l'année, + 42% sur un an … Il a plus que doublé sur trois ans et plus que triplé sur cinq. En l'espace de 21 ans, Salesforce est passé du statut de start-up à celui de «bellwether», terme utilisé pour désigner un leader, tant par ses positions commerciales que par l'impulsion qu'il donne au marché par le biais notamment de ses innovations. L’éditeur de logiciels est aujourd’hui un meneur qui franchit ce mercredi le seuil des 200 milliards de dollars de capitalisation boursière.


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